Et si on profitait de cette période de Saint-Valentin pour s’embrasser ? Soyons clairs, je n’aime pas du tout cette fête commerciale qui nous pousse à faire des cadeaux à un moment choisi par d’autres et à payer deux fois plus cher le prix d’un menu à peine amélioré au restaurant…Mais il faut bien faire tourner le commerce nous dira-t-on (surtout en cette période « Giletjaunisée » où les petites boutiques sont à la peine). Cette fête commerciale donc, me donne l’occasion de parler d’un verbe que j’aime beaucoup qui est le verbe « embrasser ».

Baiser, bisou, bécot…l’embarras du choix…

Évidemment, quand on dit “embrasser”, on pense tout d’abord au baiser. Enfin, il y a le bisou, le baiser, le bécot, la bise, l’accolade, la pelle que l’on roule… Il y a plein de façons d’embrasser. Ça dépend en général de qui tu embrasses et de pourquoi tu embrasses. Tu embrasses ton/ta chéri(e) pour lui marquer ton amour, parfois des parfaits inconnus sous le gui au nouvel an pour souhaiter une bonne année, un(e) ami(e) qui te fait un cadeau ou t’annonce une bonne nouvelle pour le ou la remercier. En fonction de la région où tu habites, tu feras d’une à quatre bises pour dire juste « bonjour » (pour ceux et celles que ça intéresse il y a même des cartes de France qui recensent par département le nombre de bises à faire afin d’éviter le faux pas).

Il y a des baisers célèbres comme celui de l’Hôtel de Ville de Doisneau ou des mariés de la famille royale d’Angleterre à leur balcon (pour ceux qui s’intéressent aux people). Il y a les baisers de cinéma. Il y a les baisers provoc’ pour faire parler de soi comme Madonna et Britneys Spears sur la scène des MTV Music Awards. Il y a les baisers politiques, voire historiques comme celui tout récent du pape François à l’imam Cheikh Ahmed al-Tayeb avec lequel il a signé un accord global de paix. Il y a même dans la bible le baiser de trahison de Judas envers Jésus.

Bref, les raisons et les façons d’embrasser ne manquent pas.

Alors on s’embrace ou on s’embrasse ?

Ce que je trouve surtout intéressant, c’est que le verbe « embrasser » inclut des notions beaucoup plus larges que le baiser, le bisou (ou le nom que tu voudras lui donner selon les circonstances). Nos amis Britanniques ont d’ailleurs deux verbes : « Kiss » pour le bisou (avec des subtilités comme le French Kiss pour la pelle ou le Hug pour l’accolade) et « Embrace » pour le reste. Il y a dans « Embrace » et donc dans « embrasser » une idée d’accueillir, accepter dans sa globalité qui va donc bien au-delà du bisou. « Embrace » en Anglais veut dire « étreindre » quand on parle d’une personne, ou bien « accepter, étudier la totalité » d’une idée ou d’une problématique. En Français un seul verbe te permet de faire la totale : le baiser, l’étreinte et l’acceptation de la personne dans sa globalité.

Ainsi, tu peux de la fenêtre de ta chambre le matin embrasser du regard les Pyrénées (perso j’embrasse plutôt du regard la maison du voisin d’en face, mais ça ne fait pas de mal de rêver un peu). Un scientifique va embrasser les données complexes d’un problème. Un militant politique va embrasser la cause de son parti.

Ce qui ne peut être évité, il faut l’embrasser.

En ce qui concerne les problématiques, le grand William Shakespeare ne disait-t-il pas « Ce qui ne peut être évité, il faut l’embrasser » ? Effectivement, quel autre choix avons-nous ? Lutter, ruminer des malheurs qui nous sont arrivés ne nous permet pas d’avancer. Tu as certainement entendu parler des étapes du deuil. Elles s’appliquent bien sûr pour le deuil d’une personne proche, mais aussi pour le deuil d’un projet, d’une relation, d’une situation… Ces étapes sont : le choc, le déni puis la colère ou la culpabilité, suivis du marchandage et de la dépression et ensuite l’acceptation, que l’on pourrait élargir à la notion d’embrasser.

J’ai embrassé l’autisme.

En tant que maman d’un enfant autiste, c’est exactement ce qui m’est arrivé. J’ai mis longtemps à passer par tout le processus du deuil d’avoir un enfant « normal » et enfin…j’ai embrassé l’autisme. Je me suis jetée à bras-le-corps dans la compréhension de ce dysfonctionnement sans compter mon énergie. Je me suis aperçue qu’on ne pouvait réduire ce handicap à un souci neurologique et que c’est une maladie globale qui touche l’ensemble de la personne : son cerveau bien sûr, mais aussi ses émotions, son système digestif, la circulation de l’énergie dans le corps, l’environnement dans lequel elle évolue, la pollution, etc. En embrassant l’autisme, je l’ai mieux compris et j’ai ainsi agi de manière efficace pour le faire diminuer jusqu’à le faire quasiment disparaître.

Maintenant, j’en viendrai presque à embrasser l’autisme de mon fils (dans le sens du bisou reconnaissant) car il m’a permis d’évoluer d’une manière que j’estime être extrêmement positive. J’ai écrit un livre, je suis devenue thérapeute, j’ai rencontré plein de personnes extraordinaires, choses que je n’aurais certainement jamais réalisées sans cet autisme. Attention, je ne dis pas que ça a été facile et d’ailleurs certains jours c’est encore compliqué, mais j’en tire désormais plus de positif que de négatif.

Alors aujourd’hui quand j’embrasse mon fils, je lui fais des bisous et je l’accepte dans sa globalité avec les singularités liées à son reliquat d’autisme. Je l’embrasse parce que je l’aime et je l’embrasse pour tout ce qu’il m’a appris.

Et toi pour la Saint-Valentin ou tous les autres jours, quand tu embrasseras ton ou ta chérie, ton enfant, tes amis ou tes parents, ne te contente pas de leur faire un bisou ou un baiser, embrasse-les en pleine conscience !

Voilà le plus joli des cadeaux pour toi et pour tes proches à renouveler toute l’année dans attendre ce sacro-saint 14 février !

Je t’embrasse,

Christine.

Christine Buscailhon est Thérapeute Holistique à Toulouse.

Maman d’un enfant autiste, elle connaît bien les problématiques liées à ce handicap.

Mon site internet

Parce que ce n'est pas simple de changer de vie et de passer à l'action, je t'offre mon guide : Mes 67 conseils pour te donner du coeur à l'ouvrage et passer à l'action.